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12 novembre 2010 5 12 /11 /novembre /2010 19:11

La rage …
Oui, comme enragés, hors de nous, fous de colère contre cet homme …
J’en tremble encore, le cœur qui bat fort et les mains qui s’accrochent un quelque chose de stable, de fort, de solide.
Il est venu tout à l’heure, à la maison, demander des nouvelles de nos filles … Cet homme, ce meurtrier en puissance.
Lui qui a catapulté notre monospace il y a 6 jours de ça, envoyant dans le décor Superpapa et nos deux filles.
Deux jours d’hôpital pour la petite Isaure, qui s’en tire bien, contrairement à ce que son visage en sang des premières heures laissait paraître.
Le corps tout moulu et le cœur en vrac, pour Superpapa, qui ne parvient pas à éteindre les hurlements de ses filles dans ses oreilles, la terreur du choc, de l’enfermement dans la voiture alors que la fumée envahit peu à peu l’habitacle.
Et une collection de fractures pour notre pauvre Apolline, le bassin tout fracassé, des bleus énormes, et des cauchemars nuit après nuit. Elle a eu le droit de faire sa longue convalescence à la maison, et après Noël, devrait quitter son lit, puis son fauteuil roulant, pour à nouveau aller vadrouiller dans les champs avec ses copines.
Colère, colère contre lui, sa vitesse, son inconscience, sa stupidité. La seule chose qui le sépare du meurtre, c’est notre bon sens et une bonne étoile malgré tout, nous qui avions soigneusement attaché nos filles, la voiture équipée en air-bags, grosse et lourde, mais malgré ça totalement détruite ! Face à une petite voiture sportive toute customisée à la sauce kéké, face à un petit jeune homme à la casquette à l’envers …
Il est venu, il a eu le courage un peu fou de se présenter devant notre porte … Nous l’avons reçu à la mesure de notre peine, de notre colère, à la mesure ce qui aurait pu arriver. J’aurais pu les perdre tous les trois, mes filles et mon homme. Leur vie terminée dans ce froissement de tôle, claquement de doigt et tout s’arrête. Il faudra qu’il comprenne, qu’il prenne la mesure de ce qu’il a fait, ce qu’il aurait pu faire. Nous ne lui faciliterons pas la tâche, ce n’est pas notre rôle. Et même si dès son départ sous nos cris, nous avons eu le cœur tout retourné, pas question de lui laisser voir notre émotion.
Plus tard peut-être, quand il aura payé son dû auprès de la justice.
Après ça, on se sent si fragile, la vie si puissante ne tient tout à coup plus qu’à un fil. Les larmes montent toutes seules, la joie aussi balaie tout. Etre ensemble alors qu’on aurait pu tout perdre, être en vie, même tout cassés, en vie !
On devrait se sentir heureux, sentir combien la vie est précieuse, on le sait pourtant. Mais en prendre conscience si durement … C’est tout à coup bien difficile d’en profiter sereinement …
A chaque jour suffit sa peine, ça ira mieux demain, en attendant, démarches, corvées de papiers, cœurs à réconforter et plaies à panser, et la vie qui continue …

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commentaires

François 25/11/2010 16:51



Je n'ose imaginer....


Je n'ose ...


Milles bisous



Missmio 23/11/2010 12:01



Eh be ! J'en tremble encore ! C'est affreux. Comment peut-on faire ça ?


Je vous embrasse tous très très fort !! Profitez bien de la vie.



tontonfoi 21/11/2010 18:43



j ai eu les grosses boules pour vous  en lisant ça.


Pas de pitié pour un kéké qui a failli foutre en l air une super famille sur ce coup là.


bises aux enfants et vive la vie  sans kéké  mais avec  Mr Airbag !



framboise isère 20/11/2010 07:27



coucou, vous allez mieux?bisous à la famille ..



Maïpi 19/11/2010 23:29



comme tout le monde je suis bouleversée à la lecture de ce billet


sans doute parceque j'ai eu un accident (plaque d'huile) sans gravité aucune, il y a à pene un mois, avec ma fille aînée, aucun dégât pour nous deux mais plus de voiture... et tjrs bcp
d'appréhension dans les virages, surtout à l'endroit fatidique (que je prend tous les matins)


alors je n'ose à peine imaginer l'état de monsieurpapa apèrs un tel choc, la peur pour ses enfants, tout cela...


et puis la souffrance physique des filles (le papa n'a rien ?), et la douleur de les voir souffrir, et avoir peur etc...


je me doute qu'il vous faudra bien du temps pour panser tout cela, intérieur et extérieur, et que mon soutien virtuel est dérisoire mais je vous l'envoie tout de même.